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BRUNO EST MORT
IN MEMORIAM

Poèmes 

Notre Béret
La défaite : nous n’avions plus d’armée
Et le Pays était presque totalement occupé.
Seule, une poignée de Français n’avait pas renoncé
Quelques-uns en Ecosse portaient déjà le Béret !
Au début, noire était sa couleur
Bien a l’image de nos malheurs.
Jour après jour, les futurs paras s’entraînaient
Et fièrement arboraient ...Le Béret !
Ils apprirent à faire connaissance !
Avec des avions, même de reconnaissance !
Ils savaient que d’en haut, il fallait se jeter
Et comme talisman emportaient ..leur Béret !
Mais, quelle joie : après quelques sauts
Ils toisaient les autres d’un peu plus haut.
Surtout qu'après avoir passé leur brevet
L'insigne ils le portaient sur... le Béret
Goering les baptisa « les diables au béret noir »
Et, pour confirmer cette parole d'histoire
Ils se seraient crus déshonorés
S'ils étaient allé au combat autrement... qu'en Béret !
Par une attention toute charmante,
La reine d'Angleterre le voulut amarante
Et c'est ainsi qu'un jour à Paris ils se sont retrouvés
Les paras F.F.L. avec leurs... Bérets !
Et puis d'autres paras leurs succédèrent
Et, avec eux, les couleurs changèrent
Mais toujours, entre eux, ils se reconnaissaient
Puisque, sur la tête, tous avaient ...le Béret !
Rouge, vert ou bleu et même parfois noir
Qu'importe! Les paras continuent à écrire l'Histoire
Les faits d'armes se succèdent et, si les têtes ont changé,
Elles sont toujours coiffées de ce fameux... Béret !
L'Indochine, Saigon, Ventiane, la Plaine des Joncs
Dien Bien Phù où jusqu'au bout ils tiendront
Rouge ou vert qu'importait l'unité
De loin on les voyait, ils avaient... le Béret !
Et puis ce fut ensuite l'Algérie
Où tout semblait si bien parti
Dieu ! comme on les a trompés
Tous ces braves qui portaient ...le Béret !
Militaires, civils ou retraités
Aucun de ceux-là n'est encore T.A.P.
Ce qu'ils ont vécu ils l'ont enfermé
A tout jamais, avec leurs regrets et... leur Béret !
II leur reste les souvenirs d’une jeunesse exaltante
Ils ne croient plus beaucoup «aux lendemains qui chantent »
De temps en temps, pour calmer leur âme tourmentée
Ils ouvrent l'armoire aux reliques et contemplent.,, leur béret !
Et Quand le jour viendra où leur coeur s’arrêtera
Et qu'ils quitteront ce monde ici-bas
En arrivant « là-haut » on les reconnaîtra
Puisque dans leur cercueil avant de le fermer
Sur cette poitrine où brilla le brevet
Une main pieusement déposera... le Béret !

Radio JAILLETTE
3ème S.A.S., 3ème Escadron

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L’ALGERIE (française) EXPLIQUEE AUX ENFANTS
> > C’est à vous mes enfants qui n’avez pas connu ce paradis
> > Qu’aujourd’hui je m’adresse et à tous je vous dis
> > Beaucoup trop de gens sur ce sujet vous ont menti
> > Alors laissez-moi vous expliquer ce qu’était l’Algérie.
> > Vos Aïeux venaient de France, d’Espagne ou d’ailleurs
> > Tous des pauvres gens ni plus mauvais, ni meilleurs
> > Durs au travail et c’est vrai exubérants et ripailleurs
> > Mais c’était toujours et avant tout des gens de cœur.
> > Puisqu’on leur fit croire que ce pays était le leur
> > Pendant un siècle ils mirent cette terre en valeur
> > Ni l’insalubrité, ni le travail ne leur faisaient peur
> > Ils étaient certains d’avoir trouvé le bonheur.
> > En vérité, il y avait bien un Blanchette et un Borgeaud
> > D’autres de cette terre ne possédaient qu’un morceau
> > La majorité, elle, n’avait que ses bras pour tout joyau
> > Mais jamais aucun d’eux ne fit payer un verre d’eau.
> > Quand la guerre fut déclarée et la Patrie en danger,
> > Antoine, Jean, Ali, qu’ils soient français ou étrangers,
> > Tous furent volontaires et prêts à se faire tuer
> > Les cimetières et les monuments peuvent en témoigner.
> > Français, Espagnols, Maltais, Portugais ou Italiens
> > Notre communauté s’appelait déjà les Européens
> > Par nos origines nous étions tous des chrétiens
> > C’est tout ce qui nous séparait de nos amis algériens.
> > Nous pensions avoir été compris un jour du mois de mai
> > Dans l’euphorie nous n’avions pas saisi le faux du vrai
> > Il nous a fallu laisser notre maison à défaut de palais
> > Et quitter ce pays et cette terre dans le plus bref délai.
> > C’est alors que l’exode nous a fait changer de rivages
> > Connaître d’autres cieux et d’autres visages
> > Mais nous garderons toujours en mémoire nos paysages
> > Rien ne remplacera nos villes et nos villages.
> > Et puisque « Pieds-Noirs » on a voulu nous appeler
> > Ce nom il nous a fallu d’abord le valoriser
> > Et nous battre pour le faire respecter
> > A vous, mes enfants, il vous reste à le faire aimer.
> > Maintenant me voila au crépuscule de ma vie
> > Avant de vous quitter, mes enfants, je vous le confie
> > Défendez l’oeuvre de vos Aïeux de toute votre énergie
> > Pour que soit connue, enfin, la Vérité sur l’Algérie.
> > J.C Ober

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Marcelle PRADIER.

 

 MESSE  AU  BAROUD
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En pleine KABYLIE aux pieds des monts grandioses
Dont l'agreste beauté à nos regards s’impose !
Le sifflement des balles que l’écho nous renvoie
Rappelle à tout instant que l’ennemi sournois
Est là, tapis dans l’ombre; ou les combats notoires
Ont à jamais souillé les pages de l’Histoire.
O site merveilleux et plein de majesté;
"Se peut- il qu’en tes flancs soit tant de cruauté ?"
Face à ce paysage, c’est là, que le dimanche
Un humble autel se dresse  en retrait sous les branches;
Qu’importe, Dieu n’a- t- il pas choisi la pauvreté ?....
Si nous venons à Lui avec simplicité
Demander son appui et mettre à nues nos âmes
Pour les revivifier à ses divines flammes
Nous sommes entre ses mains pour mieux nous sanctifier:
Car chaque jour qui passe, peut- être le dernier.
--  Sous le ciel pur et bleu se penchent les visages
Et le soleil qui joue à travers le feuillage
Nimbe de ses rayons tous les fronts recueillis:
Jésus, parmi ces hommes, descend du Paradis.

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Mon seigneur  et mon Dieu, présent sous l’hostie sainte
Donne-nous ton secours et apaise nos craintes .

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Un cantique vibrant monte martial et clair
Tandis que le combat au loin trouble les airs.
O messe du baroud, messe  d’actions de grâces
Ou Dieu avec nos âmes se trouvent face à face
Ou sont associés tous ceux que nous aimons,
Dans une même foi et même communion .

   
                 Marcelle  PRADIER

 

 NOEL PARA
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En hommage au Général Massu, ainsi qu'à ses
vaillants Bérets Rouges.

Aux confins de l'Aurès une brume s'estompe...
L'on voudrait s'attarder, contempler ce décor,
L'heure n'est pas au rêve et moins qu'elle nous trompe
Un seul arrêt, pour nous, signifierait la mort.

Dans un secteur perdu, là-bas, en Algérie,
Un groupe de "paras" est de garde ce soir,
Chacun a sa consigne; pour braver la tuerie
Au moindre bruit suspect, on tire, sans surseoir.

Sur le piton voisin se cachent des rebelles...
Il faut comme l'on dit : nettoyer le terrain,
Sans trêve, sans merci, l'oeil rivé aux jumelles
Nous attendons dans l'ombre, que sera ce demain ?...

En nos coeurs, un espoir bat farouche
Une seule pensée occupe notre esprit :
Surprendre en son repaire ce damné d'Amirouche,
L'amener mort ou vif, mais Dieu sait, à quel prix.

Mon Dieu, pardonne-nous, c'est la loi de la guerre
Par sa faute, nos hommes sont tombés à jamais.
Que nos troupes harcèlent ses hordes meurtières
Et que l'aube divine soit présage de Paix.

Ce soir, le monde entier célèbre ta Naissance, !
Nous sommes à l'écart et peut-être oubliés...
Dans le poste, aux écoutes, loin des réjouissances :
Nos doigts un court instant, se joindront pour prier.

En la Fête de Noël Déc. 58    Marcelle PRADIER

 

MON BEAU BERET
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Quand la première fois je t'ai mis sur ma tête,
J'ai voulu sans tarder voir comme « ça m'allait »...
Et ma glace de poche m'a mis le coeur en fête ;
Tu avais fière allure et j'étais satisfait.
Puis d'un pas assuré et bombant la poitrine,
Glanant sur mon chemin des éloges flatteurs...
Un rapide coup d'oeil en passant, aux vitrines ;
Me renvoyait l'image d'un gars à la hauteur ! ...
Mais tu as pris depuis des titres de noblesse,
Les énumérer tous serait beaucoup trop long;
De ma vie de « Para A tu restes ma richesse;
Toi, mon beau « béret rouge au prestigieux renom.
Les anciens ont tracé la route magnifique
Où leur nom s'échelonne auréolé de feu !
La plupart sont tombés dans la mêlée tragique....
Gagné par leur exemple, je veux faire comme eux.
Nous sommes tous semblables, puisque nos Chefs eux-mêmes
Portent le « béret rouge » dont nous sommes jaloux....
A nouveau, à mon tour il sera mon emblème,
Dois-je pour le défendre me traîner â genoux.
Laisse-moi te confier chère et noble relique :
Plus tard, un jour viendra, je ne te mettrai plus...
Mais bien que nous vivions des heures dramatiques,
Mes plus belles années, par toi, je les ai eues. »

Fév . 59   Marcelle PRADIER


MON FIER INSIGNE
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Nouvel hommage au Commando Guillaume
           
 
O valeureux insigne ! Allié à ma devise
Brille à mon cher béret; toi la force et l'espoir
Stimule mon ardeur, ô toi qui symbolise
Et inspire à chacun, le vrai sens du Devoir
Réseau, où l'âme noble, en toi se concrétise,
Vélite bien armé qui me suit au combat;
En toi, j'ai mis ma foi, mon honneur de "para". 
 
Et qu'à travers la lutte, où gronde la bagarre,
Tu sois le bouclier dont nul ne se sépare. 
 
Fidèle à ces principes, précieux auxiliaire,
Rayonne sur nous tous, pour mieux nous soutenir,
Avec toi, côte à côte, refoulons l'adversaire,
Partout, sous ton égide, longtemps je veux servir.
Par toi je suis lié, insigne légendaire,
Et sois, ma vie durant, mon plus cher souvenir.
 
Marcelle PRADIER

  
 
 


Marcelle PRADIER avec Deltour paul 
à toulon en oct. 58

Caporal JOLLY Jean-Claude
8e RPIMa, Compagnie Portée
Algérie 1960-1961
UNP 34551   BP 152948

 

Ceux qui avaient vingt ans, visages rayonnants
Et qui face aux dangers jamais se dérobaient
Ceux qui parlaient sans cesse, tout en crapahutant
Qui suaient, peinaient, râlaient, mais toujours avançaient
Ceux qui silencieux épiaient les ombres de la nuit,
Qui ivres de fatigue gardaient les yeux bien ronds,
Les oreilles agrandies captant le moindre bruit,
Ceux qui sans hésiter partageaient leur bidon
Et qui soignaient, pansaient, et retenaient leur vie.
Et dans le Nord-2000 au "Debout - Accrochez"
Ceux qui fixaient le vide en attendant le GO !
Ceux qui marchaient, boueux, dégoulinants de pluie
Et ceux qui lourdement chargés sautaient des hélicos
Dans le bruit infernal des pales tournoyantes,
Courant dans la poussière et dans les fumigènes.
 
Ceux qui au crépuscule posaient des embuscades,
Ecoutant les ténèbres le coeur tambourinant,
Revenant à l'aurore retrouver leur duvet.
Ceux dont les épaules gravées par l'AA52,
La poitrine et la taille bardée de bandes FM
Marchaient toujours d'un pas qui se voulait allègre,
Qui malgré la fatigue aidaient les défaillants
Et qui rêvaient aux filles tout en pensant aux fells.
Ceux qui voyaient leur sang couler séché par le soleil
Et tous ceux dont les rangers usées dans les djebels
Par tant de chasses et poursuites aux rebelles,
Trempés de sueur blanche due aux cachets de sel,
Grimpant dans les rochers aveuglants de soleil.
Ceux qui au fond des oueds desséchés et pierreux,
Suffocants de chaleur et le gosier en feu
Et qui en file indienne rentraient de longues traques
Rêvant tout éveillés d'un bon demi bien frais,
Qui dans les forêts sombres tous les sens en éveil
Traquaient l'ombre inquiétante ou bien le bruit suspect,
Ceux qui courbés en deux couraient sous les rafales
Priant chacun son Dieu pour éviter les balles.
Ceux qui ne pensaient pas qu'on puisse un jour mourir
Et ceux qui sont tombés au détour d'une piste.
 
Capitaines de légende ou bien jeunes officiers
Sergents-Chefs aguerris, paras des compagnies
Radios, voltigeurs, mitrailleurs, pourvoyeurs,
Casquettes sur la tête et tenues camouflées
Ou bien tenue de ville, et coiffés du béret,
Peu importe l'habit ainsi que les galons
Servant avec ardeur vous étiez un des leurs.
 
Vous reconnaîtrez-vous parmi ces hommes-là?
Les années ont passé mais la mémoire aidant
Vous n'aurez aucun mal à remonter le temps
Pensant avec fierté, c'est vrai, j'étais un de ceux-là.
 
Fiers paras des Aurès, où êtes-vous maintenant?
Actifs ou retraités, peut-être grands-parents
A moins qu'une insidieuse et traître maladie
Ait eu raison de vous depuis ces décennies.
Mais n'ayez rien à craindre de la colère Divine,
Saint Michel connaît bien ses Paras de Marine
Car l'âme des Anciens comme chacun le sait,
Entre Honneur et Valeur jamais ne disparaît.
 

Auteur Inconnu

 DIS MOI PAPY
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Dis-moi pourquoi Papy, je te vois si souvent
Défiler dans la ville avec tous tes copains
Vous portez des drapeaux, dans la pluie, dans le vent
Marchant du même pas unis dans la main.

Dis-moi pourquoi Papy, de l'église au cimetière
Au monument aux morts, on entend le clairon
Vous déposez des fleurs sur des dalles de pierre
J'aimerais tout savoir, quelle en est la raison.

Dis-moi pourquoi Papy, brillent sur vos poitrines
Ces médailles colorées que vous portez fièrement
Pourquoi vous défilez si silencieux, si dignes
Et ce que signifient vos rassemblements.

En réponse mon petit, notre patrie la France
Pour être grande et forte compte sur ses enfants
Beaucoup d'entre eux sont morts le cœur plein d'espérance
Pour que vous puissiez vivre en paix tout simplement.

Regarde-les passer, respecte leurs emblèmes
Car ils ont donné avec le même élan
Leur jeunesse, leur sang, le meilleur d'eux-mêmes
Sois fier de leur passé : ce sont des combattants.

Car notre Boum à nous, ce n'était pas la Foire
Nous n'avions pour musique que la voix du canon
Et tous ceux qui tombaient n'avaient qu'un seul espoir,
Eviter à leurs Fils de connaître le Front.